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Être fan d’Arai Akino est une grande frustration ! Et
si, en plus de cela, vous ne vivez pas au Japon, cette frustration se
transformerait presque en souffrance ! En effet, depuis son Best Of
Sora no Uta, son
incroyable prestation en France en 2006,
la sortie du single Kimi e
mukau Hikari et la très bonne idée du Live Album
The First Euro Tour, le tout
en six mois… Rien ! Plus une news, des promesses (notamment celle d’un
album pour fin 2006 !) et pas grand-chose à se mettre sous la dent. On
attendait un nouvel album, un single, et un DVD Live, eh bien rien… Il
aura fallu attendre janvier 2008 pour respirer un peu avec l’excellent
single Kin no Nami Sen
no Nami, puis encore un silence pour qu’un an plus tard,
Arai Akino annonce un retour avec une année qui
s’annonce très remplie. Mais ne croyez pas que notre amie a chômé
pendant toutes ces années ! Elle a voyagé, composé, mais aussi donné des
concerts au Japon, où elle a petit à petit fait connaître ses nouvelles
chansons.
Si nous devions ne retenir qu’un seul concert de cette période, cela
serait le "Early In Spring : Arai Akino Live 2007", un concert
merveilleux avec une track-list démentielle et des arrangements
électroniques totalement savoureux ! De plus, ce live comporte deux
titres encore inédits à ce jour, dont le sublimissime Droplet.
Il s’agit sans aucun doute de son meilleur live depuis le "RGB tour
de 2002" !
Ainsi, après une interminable attente de plus de quatre ans (!),
Akino nous revient enfin avec un nouvel album :
Sora no Sphere. Pour
une fois, c’est en France que la sortie officielle est annoncée, bien
avant le Japon. Nous devons cela à l’annonce des concerts d’avril à
Paris.
Sora no Sphere ?
L’explication du titre est un peu complexe mais Akino
semble nous dire que l’immensité du cosmos est composée de sphères en
mouvement (y compris la Terre) ; à cela s’y ajoute le concept de sphère
transparente, permettant à la lumière (de tout être vivant) de se
refléter à l’infini. Akino a voulu exprimer le fait
qu’elle lève les yeux vers ses sphères et décrit ce qu’elle voit dans
cette lumière. Oui, c’est un peu tiré par les cheveux mais bon c’est
Akino ! Peut-être que ces notions très spirituelles lui
viennent des inspirations bouddhiste qu’elle semble avoir adaptées. En
effet, ses récents voyages au Tibet ont beaucoup marqué
Akino, qui semble y avoir trouvé des réponses philosophiques et
de l’inspiration.
De plus, le titre de l’album n’est pas innocent puis il s’agit du
quatrième album à porter le titre de « Sora no… » ; en effet,
on retrouve les best of Sora no
Mori (1997) et Sora no Uta
(2005), ainsi que l’incroyable album
Sora no Niwa (1997). Hasard ou décision délibérée, sur ces
quatre albums, le mot « Sora » est à chaque fois écrit de
différentes façons : en kanji pour
Sora no Mori, en hiragana pour
Sora no Niwa et en romaji
pour Sora no Uta. Pour ce
nouvel album, il est écrit en katakana… Le mystère reste entier.

L’album contient 13 chansons, tout comme le précédent
Eden, mais, en nous offrant une
heure de musique, il s’agit du plus long album d’Akino
(hormis Best Of et albums Live).
Artistiquement, la cover est vraiment magnifique et également très
intéressante, puisqu’Akino utilise un procédé de
projection de la lumière (un peu comme pour ses concerts).
Il existe deux versions « officielles » de cette cover. La première
version, (à gauche) possède des tons plus sombres, et plus orangés. Le
cercle et la photo d’Akino sont centrés sur l’image.
Dans la seconde, (à droite), les tonalités sont plus colorées et
pastelles, de plus l’image est recadrée, ce qui donne un résultat plus
esthétique que la première version. Il y a également, sur cette version,
le titre de l’album en katakana et le petit logo qui accompagne chaque
album d’Akino. Cela fait 9 ans (en gros depuis
Furu Platinum), que nous
n’avions pu voir une photo d’Akino en cover d’album !
Le livret accompagnant le CD est vraiment magnifique, très complet au
niveau des informations, avec les paroles et le détail du staff par
chanson. On y trouve également un grand nombre de photos d’Akino
(c’est assez rare). De plus, la page centrale du livret est dépliable et
laisse apparaître quatre photos travaillées avec le même procédé
artistique que la cover. Sur le plan esthétique,
Sora no Sphere tient
donc toutes ses promesses.

Pour ce nouvel album, Akino déclare avoir changé d’état
d’esprit par rapport à Eden. En
effet, ce dernier était plus sombre et plus pessimiste car la
compositrice fut beaucoup influencée par les attentats du 11 septembre
et tomba malade pendant l’enregistrement.
Sur ce nouvel opus, elle s’est élève dans la lumière avec un esprit
bouddhiste, donc bien plus joyeux et optimiste. Elle renforce également
sa collaboration avec l’indissociable Hogari Hosaaki,
son ami de toujours, qui fait également partie de sa vie
professionnelle.
Sans attendre, passons enfin à la critique en tant que telle. J’ai
choisi de continuer à travailler sous la forme « piste par piste », afin
de garder une logique sur l’ensemble du site, tout en présentant
l’intérêt d’entrer dans le détail de chaque chanson. Cependant, j’ai
accompagné cette critique d’une introduction et d’une conclusion, qui
réunissent l’essentiel et donnent une meilleure cohésion au tout.
Piste 1 : Haleakala
Akino a déclaré qu’à la seconde où elle a composé cette
chanson, elle savait qu’elle ouvrirait son nouvel album
Sora no Sphere. En
effet, cette chanson possède un étroit rapport avec l’espace et le
cosmos.

Pour mieux le comprendre, faisons un peu de géographie. Le Haleakala
est un volcan situé dans l'archipel d’Hawaï, plus précisément sur
l'île de Maui. Cet incroyable édifice naturel est bien connu des
astronomes et des amateurs d’étoile pou être un des lieux sur Terre ou
l’on peut observer les astres dans les meilleures conditions. Il s’agit
d’en environnement assez féérique qui n’a pas manqué d’inspirer
Akino.
La chanson est dans un genre pop avec batterie, guitare électrique et
acoustique, et une légère programmation synthé. Sur ce titre à la fois
bien composé et relativement propre au niveau des arrangements, on
trouve de très bon chorus, réalisés par Akino avec la
présence de son amie Yula Yayoi (avec laquelle elle
n’avait d’ailleurs pas travaillé depuis 1996 et l’album
Goddess in the Morning). Cette
collaboration renforce la puissance de cette chanson, notamment du
refrain dont la composition peut surprendre par rapport aux couplets. En
effet, on passe de 4 à 8 temps.

Mais le meilleur se situe dans la seconde partie, avec un très beau
bridge saturé de chorus avec filtre qui débouche sur un final magnifique
qui prend une ampleur inattendue.
Cependant, je ne suis pas très convaincu par la percussion utilisée sur
les couplets car elle manque malheureusement d’originalité. De plus, la
participation de Yula aurait pu être plus importante et
le final en fondu aurait également pu être évité. Je suis exigeant et
difficile, mais c’est comme ça ! En tout cas, c’est une belle chanson
qui ouvre avec classe un album de qualité.
Piste 2 : Monday, Tuesday
Cette chanson est la première bonne surprise de l’album à mes yeux ! Il
s’agit d’un titre électro-acoustique totalement jouissif.
Avec une excellente basse, alliée à des percussions électronique, et le
retour du très bon piano d’Akino et de la guitare d’Hisaaki
(et quelques violons), le résultat ne pouvait qu’être excellent.
Rajoutez à cela une mélodie efficace et émouvante. et vous obtenez un
titre superbe et réussi. Il s’agit d’un pendant joyeux des titres
électros de l’album Eden. On sent
une pureté, une lumière et une mélodie coulante, tout dans la justesse
et la logique.
Une grande réussite du début à la fin ! Pour l’anecdote, Akino
aime cette chanson car elle représente une sorte d’innocence
lyrique comme si elle était tout droit sortie d’un autre monde. Vous
l’aurez compris, j’adore cette chanson.
Piste 3 : Kagami no Kuni
Une chanson bien étrange, entièrement réalisée électroniquement, avec
cependant quelques discrets rifs de guitare électrique. Cette chanson
étant très populaire lors de ses concerts, Akino a donc
gardé les arrangements électros d’origine.
Ces derniers sont plutôt intéressants car ils alternent un clavier et
une multitude de petites percussions. Elles ne sont pas toujours très
pertinentes mais l’ensemble s’harmonise avec cohérence. Cette chanson
aurait pourtant mérité des beats plus puissants.
Venons-en ensuite à la composition très particulière de ce titre. Elle
n’est pas très mélodieuse et pleine d’incohérence, mais cela est
volontaire, car Akino nous présente ici un monde repli
de miroirs qui reflètent les couleurs et la lumière dans tout les sens.
Cela créé des divisions d’images, d’où une composition très changeante
et abrupte.
Malgré tout, cette chanson est captivante et hypnotique, et après
quelques écoutes attentives, on entre dans ce monde agité et étrange
avec un grand plaisir.
Piste 4 : Terminal
J’adore ! Cette chanson m’a un peu surpris au début, car j’avais entendu
sa version live, plus épurée au niveau des arrangements, alors qu’ici
les arrangements pop/acoustique (avec quelques petites samples) donnent
une étrange impression à ce titre. En effet contrairement à beaucoup de
chansons d’Akino qui sont souvent très posées, mature
et profonde, ici elle se lâche clairement dans un titre joyeux et
amusant… Une chanson de « jeune » !
Ce titre fait penser à une bande de jeunes musiciens insouciants qui se
font plaisir, et ça marche ! La composition est belle et efficace, les
arrangements sont funs, complets et bien fait ! On retrouve le piano, la
basse, les différentes guitares, du violon… Le tout rend la mélodie si
charmante et savoureuse, et surtout très bien agencée. Bref, encore une
fois un titre ravissant mais assez loin de l’ambiance sombre des titres
habituels d’Akino. Un changement surprenant, mais
pourquoi pas ?
Piste 5 : Inshou
Ce titre ouvre une série de ballades arrivant au milieu de l’album.
Autant vous le dire tout de suite, cette chanson est ma chanson préférée
de l’album ! Il s’agit d’une émouvante ballade, assez sombre et étrange,
où sont mélangés l’acoustique et l’électro avec talent !
La composition est brillante, surtout lors de crescendos puissants et
parfaitement maîtrisés. Les refrains sont superbes avec un crescendo
inversé d’une incroyable émotion… De plus les cymbales sont divinement
bien placées et rythment le titre avec originalité…
Mais le meilleur sera sur la fin, avec un bridge où s’accumulent des
beats électroniques ; puis des arrangements minimalistes reviennent pour
une ultime reprise du refrain, pour repartir de plus belle vers un final
incroyable, émouvant et merveilleux ! Cette chanson est très profonde et
intéressante, tant sur la forme que sur le fond. Bref une petite bombe !
A consommer sans modération.
Piste 6 : Mizu
Voici une ballade piano-violon intégralement chantée en français !
Akino n’avait pas chanté dans notre langue depuis le
titre Rêve de l’album
Furu Platinum.
Les paroles sont écrites par Adeyto, une
franco-allemande partie faire carrière au Japon. Elle touche un peu à
tout, actrice (dans divers dramas et films), mannequin (cosmétique et
mode), musique (elle a sortie un album de reprise chez Avex),
mais aussi photographie. C’est d’ailleurs elle qui a réalisé la cover du
single Kin no Nami Sen
no Nami, mais aussi des photos des concerts d’Akino.
Bien que les paroles de cette chanson ne soient pas forcément dans un
français impeccable, le thème de ce titre respecte l’univers d’Akino.
Cette chanson est bien meilleure que Rêve et ressemble un peu à
Siva - Tatazumu Hito, l’excellente chanson en français de l’album
Sora no Mori, ainsi qu’au
titre émouvant At Eden, présent sur cet album.
La composition, belle et efficace, est arrangée sur une base de piano et
de violon. Avec ce nouveau titre en français, on oublie facilement le
beat maladroit de Rêve. Une réussite !
Piste 7 : Norbuglingka
Cette chanson porte le nom d’un palais et son parc de la région de
Lhassa, au Tibet (Région Autonome de Chine), qui servait
en temps normal de résidence d'été au Dalaï-Lama depuis
1780 jusqu'en 1950, date à laquelle l'Armée populaire de libération
chinoise (re)prend le contrôle du pays. Le parc fut réalisé par le
septième Dalaï-lama en 1750 et devint alors la
résidence d'été des Dalaï-lamas durant le règne du huitième Dalaï-lama.

Akino a saisi toute l’ampleur de ce thème et a créé une
ambiance très particulière pour nous offrir une incroyable ballade
émouvante et très intéressante. Le résultat est à la hauteur des
attentes, grâce notamment, à la collaboration avec Hosomi Sakana.
Ce titre possède une ambiance extrêmement stylée et intéressante avec
une composition lente et profonde. Akino susurre les
mots sur des arrangements captivants, tels qu'un superbe piano en bruit
d’ambiance constant, marié à des chorus saturés de réverbération. Par la
suite se rajoutent des percussions étouffées très bien choisies. La
structure est incroyable, la performance des musiciens de grande
qualité, surplombé d’une Akino émouvante et pleine de
profondeur ! Un titre majeur sur cet album définitivement réussi !
Piste 8 : Orient Line
Voici un titre pop-rock qui vient casser le rythme des ballades
précédentes. Pour la petite histoire, cette chanson était prévue pour
l’album Eden et l’enregistrement des basses, guitare et violons avaient
déjà été faits. Mais au moment de l’enregistrement, Akino
n’a pas été satisfaite de la tournure qu’a prise ce titre, d’autant plus
qu’elle n’avait pas réussi à terminer les paroles. Finalement, ce titre
fut rejeté de la sélection. Ce n’est que lors de la production de ce
nouvel album que son directeur artistique a ressorti ce titre d’un vieux
disque dur, et c’est là qu’Akino a senti le potentiel
de cette chanson et a pu trouver l’inspiration pour la terminer et
l’enregistrer !
Eh bien, ce titre est plutôt agréable et réussi ! Il correspond bien à
l’univers de l’album Eden. Avec une composition efficace, des
arrangements pop-rock et la guitare électrique d’Hisaaki
qui font mouche, ce titre s’écoute avec fun et facilité, en particulier
le refrain qui est très réussi. Il est assez rare d’entendre
Akino sur des arrangements aussi lourds, mais le résultat est
bon.
Piste 9 : Lhasa
Nous revenons aux ballades avec ce titre magnifique. Il s’agit bien
entendu de la vision d’Akino de Lhasa (ou
Lhassa), capitale du royaume du Tibet depuis le XVIIe siècle. C’est
également dans cette ville que l’on peut trouver le superbe palais de
Norbuglingka dont je parlais tout à l’heure. Voici donc le
second titre de cet album qui s’inspire du Tibet et de l’esprit
bouddhiste. Akino va même plus loin sur cette chanson
avec un refrain en tibétain. La composition est brillante et émouvante,
mais l’émotion s’intensifie dès l’apparition tardive du refrain, qui
force avec conviction sur les aigus à l’énonciation de « Lhasa
». Superbe !

De plus, les arrangements à base d’instrument locaux et de piano sont
une grande réussite, notamment au niveau des percussions ! Cette chanson
est le fruit d’une longue période de gestation, et Akino
affirme que c’est le titre qui fut le plus compliqué à
entreprendre sur cet album. Elle est ravie du résultat, et a bien raison
car cette chanson est vraiment magnifique !
Piste 10 : At Eden
C’est avec plaisir que l’on retrouve cette chanson, dont la version démo
est présente sur l’album VH-MUSIC.
Cette ballade est très populaire lors des concerts d’Akino
et remplace souvent le titre Utsukushii Hoshi.
Elle fut écrite juste après la sortie de l’album
Eden pour conclure les concerts
de cette tournée. Cette version studio est un peu différente de la
précédente : le tempo est légèrement ralenti, un piano et un quartet de
violon viennent se rajouter à l’ensemble.
Comme je l’ai déjà dit il y a quelques années, je trouve cette chanson
sublime, grâce à sa composition émouvante et efficace. La reprise du
refrain en anglais est très bien placée et les nouveaux arrangements
donnent une nouvelle ampleur à ce titre. Bref, Akino a
eu la bonne idée de retravailler cette chanson et de l’insérer cette
chanson de ce nouvel album. Merci !
Piste 11 : The Tree of Life
Cette chanson est un mix de Kirei na Kanjou et Gareki no
Rakuen. Il s’agit d’une ballade acoustique où guitare et de
percussions dominent. D’ailleurs, cette percussion est un peu trop
présente et nuit légèrement à la mélodie ; cependant, le reste des
arrangements est très classieux.
La composition est efficace et passe bien, sans pour autant être
inoubliable (à l’image des deux chansons précitées). Mais le final clos
le tout en beauté, mêlant nappe électronique et guitare.
Malgré tout, cette chanson reste assez classique si on la replace dans
la discographie d’Akino. Elle manque un peu
d’originalité, d’émotion, et cette percussion trop présente me dérange
un peu. Cela est un peu dommage, car il y avait un bon potentiel à
exploiter.
Piste 12 : Wings of Blue
Cette chanson est très particulière et se démarque du reste de l’album.
Il s’agit d’un titre pop up tempo assez surprenant à base de beats et de
guitare…
Elle ressemble un peu à
Natsukashii Umi en mieux fait avec une composition vraiment
très efficace et surprenante ! Il en résulte un titre à la limite de la
dance et terriblement fun ! On a presque envie de danser ou de faire sa
gym dessus.
Les arrangements sont tout de même bien faits avec un gros travail sur
le chorus, réalisé avec la collaboration du groupe ROCKY CHACK.
Le bridge est vraiment sympathique et le final très réussi.
J’émettrais tout de même des réserves sur la présence d’un tel titre
dans cet album… On sent qu’Akino a fumé un joint et a
voulu se faire plaisir. Au final, cette joie communicative et
l’efficacité de la chanson la font presque passer, après un instant de
surprise.
Piste 13 : Taiyou no Tou
L’album se conclut sur cet ensemble guitare/voix assez beau et émouvant.
Cette chanson fait référence à « The Tower of the Sun », une
œuvre créée par l'artiste japonais Taro Okamoto. Elle
est connue pour être le symbole de l’Expo ’70 (une grande exposition sur
l’harmonie et le développement des années 70). Il s’agit d’une grande
tour de 70m de hauteur, sur un diamètre de 20m, composé de 3 visages. Le
visage situé sur le haut fait 11m et représente l’avenir ; plus bas,
celui du présent et à l’arrière, celui du passé. La tour est blanche
avec des pentures rouges qui évoquent l’éclair et le tonnerre.

Plusieurs interprétations dévoilent l’aspect sexuel et phallique de cet
édifice. Il n’en faut pas moins pour inspirer Akino,
mais il est vrai que cette tour est impressionne. La douceur et la
délicatesse de cette chanson referment l’album avec simplicité et
émotion.
Conclusion :
Cet album, marquant le retour d’Akino après 4 ans
d’absence, nous montre l’évolution de l’artiste vers des thèmes et des
mélodies plus optimistes et lumineuses, depuis l’album
Eden aux sonorités bien plus
sombre.
La cohérence de Sora no Sphere
nous frappe d’emblée, tant les chansons s’enchaînent avec talent et
logique.
L’album conserve l’efficacité habituelle d’Akino, avec
des titres pop marquants comme Monday. Tuesday et Terminal,
ou des titres plus pop/rock avec Orient Line. On trouve
également des ballades de qualité, comme Taiyou no Tou,
Mizu ou encore la sublime et émouvante At Eden.
De petites perles d’originalité viennent s’ajouter au reste et éclairer
l’album, telles Kagami no Kuni, Inshou, ou les émouvantes et
profondes Norbuglingka et Lhasa. Des titres un peu
moins bon comme The Tree of Life, Haleakala ou le
surprenant Wings of Blue, sont tout de même très agréable à
l’écoute et d’un très bon niveau.
Au final, l’album Sora no Sphere
est une suite logique d’Eden,
dans un style cependant bien plus coloré et joyeux.
Pour ma part, je regrette un peu l’Akino d’autrefois,
celle de Sora no Niwa ou
de RGB, avec des titres plus
originaux musicalement parlant. L’on sent qu’Akino se
laisse aller au grés de ses envies et elle a raison pourtant… A 50 ans,
l’artiste continue son chemin et nous expose ses passions, ses
rencontres et sa vision du monde. Je conseille bien évidement cet album,
tout comme les précédents, pour sa régularité, son haut niveau
artistique et, pour peu qu’on s’y laisse emporter, son entrée dans le
monde d’Akino, qui est ici étrangement jeune, coloré et
vif… étonnant, mais pas désagréable, bien que je préfère le drame à la
joie, qui est bien plus intéressant artistiquement parlant. En tout cas,
cet album est frais et jouissif et poursuit avec brio l’œuvre d’Akino
Arai !